Montréal: 15—25 février | Québec: 19—25 février 2007
25 ans qu’on se donne la réplique!

Hommage à Pierre Curzi

Jutra-hommage 2007

À la fois artiste et homme d’action, Pierre Curzi occupe depuis plus de trente ans une place toute particulière dans la vie culturelle québécoise. À l’heure d’apprendre le métier, le jeune comédien livre déjà ses premières batailles. À l’École nationale de théâtre, avec ses collègues de la classe d’interprétation, il réclame l’intégration de la création québécoise au sein des activités de l’institution. Une fin de non-recevoir les pousse à claquer la porte avant la fin de leur formation. Cette rupture avec l’establishment théâtral amène Curzi et plusieurs jeunes comédiens à fonder le Grand Cirque ordinaire, une troupe qui marquera profondément le théâtre québécois et qui annonce l’importance que prendra l’improvisation au Québec. En même temps que s’éveille sa conscience politique, il tient ses premiers rôles au cinéma (On est loin du soleil de Jacques Leduc, Bulldozer de Pierre Harel, La Cuisine rouge de Paule Baillargeon et Frédérique Collin). Si Les Allées de la terre d’André Théberge s’avère pour lui un premier rôle d’importance au grand écran, son interprétation tout en sobriété de Napoléon Plouffe dans Les Plouffe de Gilles Carle le révèle comme acteur de cinéma.

Les années 1980 voient Curzi s’imposer comme l’un des acteurs les plus en vue du cinéma québécois, prisé tant par les cinéastes confirmés (Carle, Lefebvre, Arcand) que par ceux de sa propre génération (Simoneau, Tana, Carrière). En effet, trois rôles qu’il tient à l’époque marqueront d’une pierre blanche son parcours de comédien et témoigneront de la polyvalence de son jeu: il sera le gangster de Pouvoir intime d’Yves Simoneau (film qu’il coscénarise avec Simoneau), l’universitaire du Déclin de l’empire américain de Denys Arcand et jouera son propre rôle dans Caffè Italia Montréal de Paul Tana. D’un film à l’autre, Curzi explore différents registres de jeu et sa carrure d’acteur s’affine. Au même moment, alors qu’une industrie du cinéma se met peu à peu en place au Québec, il s’implique au sein de diverses institutions publiques travaillant à mettre en place «une cinématographie qui nous soit propre».

Marquées par des allers-retours entre cinéma, télévision et théâtre (il passe aisément de T’es belle Jeanne aux Filles de Caleb, de Pirandello au Cri de la nuit, de Virginie à Matroni et moi ), les années 1990 sont déterminantes pour Pierre Curzi, en particulier en ce qui a trait à son engagement pour la cause de la culture. Élu président de l’Union des artistes en 1997, il s’implique activement dans plusieurs dossiers à caractère politique, dont ceux concernant le doublage des films au Québec et la défense de la diversité culturelle, et s’engage au sein de divers organismes internationaux. Forçant l’admiration de tous, il ne sacrifie pas pour autant sa carrière d’acteur et, au grand écran, il retrouve Denys Arcand pour Les Invasions barbares et accompagne deux grands hommes de théâtre, Wajdi Mouawad (Littoral ) et Yves Desgagnés (Idole instantanée, Roméo et Juliette ), dans leurs premières réalisations cinématographiques.

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