Mot des programmateursEn 2006, on a beaucoup parlé du cinéma québécois, la plupart du temps pour évoquer la crise du financement, la baisse de revenus au box-office (d’ailleurs, pourquoi calculer les revenus plutôt que le nombre d’entrées?) ou la dernière déclaration au talk show du dimanche. Ce qu’il y a de formidable aux Rendez-vous, c’est qu’on peut balayer les idées reçues, contourner l’arbre qui cache la forêt, parler de ce dont tout le monde ne parle pas et, à travers les 230 films présentés (sur 440 inscrits), dresser un vrai bilan de santé artistique de notre cinématographie dans tous ses états: du long métrage au film d’animation, du court métrage de fiction au documentaire, de l’art vidéo au film étudiant. Outre les Que Dieu bénisse l’Amérique et Congorama, que nous avons pris plaisir à découvrir entre autres productions d’envergure, l’année 2006 a apporté son lot de surprises, de perles cachées, de films souvent moins bien servis par le réseau de la distribution. Nous pensons ici à Kamataki de Claude Gagnon, à Rechercher Victor Pellerin de Sophie Deraspe ou à la coproduction franco-québécoise Vers le sud de Laurent Cantet. Soulignons également la présence de ces fruits pleins de promesses proposés par certains jeunes courts métragistes (Maxime Giroux, Simon Lavoie, Guy Édoin, Nicolas Roy pour ne nommer que ceux-là) et les films extraordinaires signés par plusieurs de nos grands documentaristes (Serge Giguère, Patricio Henriquez, Sylvain L’Espérance, Mary Ellen Davis, Garry Beitel). Ce sont là des œuvres qui, parmi bien d’autres, nous ont véritablement réjouis et que nous sommes heureux de montrer, à nouveau ou pour la première fois, au public des Rendez-vous. À l’évidence, vous le constaterez, Congorama a grandement inspiré l’équipe de programmateurs. Et pour cause! La réussite artistique de cette coproduction belgo-québécoise offre une nouvelle perspective, une réponse possible à la crise du financement. Si la coproduction s’avère une avenue alléchante pour les créateurs québécois, l’importance de dialoguer avec des artistes d’ailleurs s’impose aussi. C’est dans cet esprit d’échange, et avec la volonté d’inscrire la cinématographie québécoise dans un ensemble beaucoup plus vaste que son marché local, qu’ont été développées les prestigieuses leçons de cinéma, véritables fers de lance des célébrations du 25e anniversaire des Rendez-vous. La programmation 2007 traduit plus que jamais notre volonté d’établir un triple dialogue, soit entre les films et le public, entre les artisans du cinéma et ce public, puis entre les professionnels du milieu. La projection de films constitue à l’évidence le moteur de nos activités et c’est d’abord à ce premier rendez-vous que nous vous convions. Toute une série de rencontres vient cependant s’y greffer, histoire de causer, de réfléchir, de soulever le débat, mais aussi de célébrer la richesse de notre cinématographie. Avec ses leçons de cinéma, ses 5 à 7 où l’on posera un regard plus pointu sur un thème, un enjeu, un courant, ses soirées bistro plus festives qui se veulent passerelles entre deux formes d’expression déterminantes du Québec d’aujourd’hui, le cinéma et la musique, cette 25e édition des Rendez-vous vous propose de multiples lieux d’échange. Plus que jamais commise à l’idée que les Rendez-vous du cinéma québécois sont l’espace privilégié de rencontres et de convergence entre toutes les voix cinématographiques du Québec, l’équipe de programmation vous invite, au cours de ces onze jours bien remplis, à venir déguster le millésime 2006! |
Le bottin des Rendez-vous |